En passant

Amicale


Il y a des gens avec qui toute discussion est ponctuée par des « Moi aussi », « On est pareil », « J’pense comme toi ». On sent comme un courant qui passe. Une compréhension au-delà de tout ce qu’on pourrait imaginer. Étrange mais si simple et au final, normal.

Il y a trois jours, j’ai discuté avec Landra de l’importance d’une épidémie pour réguler l’Humanité, de littérature, manga, BD, relations hommes-femmes, maladie, douleurs, amitié, différences chats-chiens, la vie, la mort… La discussion coulait, simple, sans discontinuer, on passait d’un sujet à l’autre avec facilité, sans s’arrêter. J’ai réalisé qu’on se connait à peine, que l’on s’est vu en tout et pour tout quatre fois, que j’ai vraiment envie de connaitre mieux cette nana chouette que j’avais en face de moi. En partant, j’avoue que j’avais envie de remettre ça dès le lendemain, pour continuer à parler, encore et encore, confortablement calée chez elle.

Mais au final, non, pas tout de suite, il faut digérer tout ça. Je ne veux rien de personne pour le moment, si ce n’est ça : discuter, sans se demander quand va-t-on se revoir, ni si on est amie.  On s’en fout en fait. Tout ce qui compte c’était le moment qu’on venait juste de passer.

J’ai peur que se voir plus souvent entrainera l’inexorable problème de l’amitié, du besoin de se voir plus souvent encore, de devoir sortir, sociabiliser. Or, je n’en ai plus envie. L’amitié comporte trop de risque, trop de demande, trop de temps. J’ai réalisé que cette nana a qui j’avais confié toute ma vie, à qui je disais tout, m’avait tellement trahi, à tel point que moi, si avide jusque là d’amitié, je n’en veux plus. Je ne veux plus de meilleure amie, je ne veux plus d’amie. J’ai longuement attendu d’avoir une meilleure amie, moi qui n’était que l’amie de second plan. Celle qu’on voit de temps à autre. Celle qu’on appelle pas, mais qui prend de vos nouvelles. Celle qui fera toujours le premier pas pour dire « On se voit? ». J’ai longtemps haïe cette place, sans pour autant chercher à grimper les échelons auprès de quelqu’un pour avoir une meilleure place, celle de confidente.

J’ai fini par l’avoir, ma meilleure amie. Et ma conclusion est : ma place de seconde, reléguée à n’être appelé que lorsque cela ne va pas, ou quand les Numbers one ne sont pas disponibles me convient très bien : au moins je ne prends pas de risque. Ça me va d’être une amie de loin. Ça fait mal certes, de voir les gens s’éloigner parce que je n’appelle plus autant. Ça fait mal de voir des gens s’attacher à d’autres, mais sur le long terme, c’est plus avantageux pour moi : je ne souffre que de la solitude, et non plus de la peur d’être trahie.

J’aime énormément les gens qui m’entourent, merci d’être là. Et pardonnez-moi de ne savoir vous donner plus.

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Une réflexion sur “Amicale

  1. mayoka dit :

    J’ai bizarrement toujours pris l’amitié avec un certains recul, peut-être parce que je ne l’ai réellement connu que sur le tard et que j’estimais que j’avais déjà assez souffert dans ma vie. Que la relation avec les autres c’était pas fait pour moi.

    Je peux très bien voir/appeler/discuter avec les gens tous les jours puis « disparaître » plusieurs jours/semaines voir mois, ça n’est pas que je les oublies, c’est juste que j’ai besoin de mes périodes de solitude, de recul mais l’amitié reste quand même. Après j’ai aussi eue la chance de tomber sur des personnes qui sont un peu comme moi.

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